Un nouveau test pour les collégiens : le brevet 2026 plonge dans l’incertitude

Plus de 850 000 élèves français ont débuté vendredi leur parcours pour la version révisée du brevet des collèges, un examen désormais marqué par des transformations radicales de son organisation. Le gouvernement a décidé d’accroître le poids des épreuves finales (60 % au lieu de 50 %) et de réduire celui du contrôle continu (40 % au lieu de 50 %), une mesure annoncée comme un effort pour redonner du sens à l’éducation.

Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a souligné que cette nouvelle approche s’appuie désormais sur les moyennes annuelles par discipline plutôt qu’au « socle commun » global. Les élèves devront désormais répondre à des défis spécifiques en mathématiques sans calculatrice, tout en perdant le système de points historique (800) pour une note sur 20. « On ne peut plus arriver le jour du brevet en l’ayant déjà », a-t-il insisté, rappelant que la réforme vise à corriger une tendance alarmante : les compétences des collégiens, notamment en mathématiques, se détériorent chaque année.

Selon les prédictions de Geffray, le taux de réussite pourrait chuter de 10 points par rapport à l’année précédente (85,5 % vers 75 %), avec une réduction notable des mentions honorifiques. « On aura peut-être 75 % de réussite avec beaucoup moins de mentions », a-t-il prévenu début avril. Ce résultat, qu’il juge inévitable, devrait permettre aux élèves de se rendre compte des efforts nécessaires pour s’adapter au lycée.

Le gouvernement a également rejeté l’idée du « brevet couperet » proposé par Gabriel Attal en 2023 – une mesure initialement prévue pour 2027. À la place, une opération ciblée portant sur près de 800 établissements où les résultats sont insuffisants devrait recevoir un soutien spécifique. « Leur dire la vérité sur leurs capacités », a insisté Geffray, « est le premier pas vers une meilleure préparation pour leur avenir ».