Golfe en révolution : la course à la domination médiatique entre Riyad et Doha

L’Arabie saoudite a achevé ce jeudi le transfert définitif de son dernier média établi à Dubai, Asharq, vers Riyad. L’opération, conclue sans préavis le 28 juin, marque une rupture dans la coopération historique entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Asharq, réseau multimédia lancé en 2020 par le groupe SRMG, a désormais son siège à Riyad. Son nouveau nom : Asharq Bloomberg, symbolisant une orientation stratégique radicalement renouvelée.

Côté Qatar, l’opération de « qatarisation » s’accélère. Al Jazeera Média Network a procédé à plus de vingt nominations clés à partir du 22 juin 2026, toutes portées par des responsables nativement qatariens. Ce mouvement vise à consolider un contrôle total sur les canaux médiatiques nationaux.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte marqué par l’échec des accords régionaux après les tensions en Yémen (fin 2025), où l’Arabie saoudite a bombardé des positions soutenues par les Émirats, exigeant leur retrait. Cette crise a révélé une rivalité stratégique devenue insurmontable entre Riyad et Doha.

Les pays du Golfe ne se contentent plus de coopérer : ils s’affrontent pour dominer l’information. La compétition médiatique devient désormais un critère essentiel dans la course à l’influence régionale, menaçant de redéfinir le paysage politique et économique du continent.

Mus­sa A.